[Souvenir] Ma première interview de « personnalités »

La semaine dernière, deux de mes acolytes de GentleGeek ont réalisé leurs premières interviews pour le site, à savoir celles du réalisateur et de l’actrice principale du film Iron Sky – à découvrir ici et ! – et les voir se préparer, stresser et finalement en ressortir ravis – malgré quelques micro-fails ayant entraîné des blagounettes – m’a rappelé ma première expérience d’interview de… « célébrités » dirais-je. Mais ce qui la rend assez particulière, c’est qu’elle n’est pas très glorieuse. En voici le récit !

Si cette première expérience m’a marquée, ce n’est, de mon côté, pas vraiment un bon souvenir… par contre, ça a été une belle leçon pour débuter ma « carrière » d’intervieweuse. Du genre de celles que l’on retient en se disant « Ok, plus jamais ça ». C’est une histoire que je raconte de temps en temps pour expliquer pourquoi cet exercice m’a longtemps refroidi, et pourquoi je le pratique avec parcimonie.

En octobre 2007, donc, j’étais correspondante locale pour un site étudiant nommé City Campus, pour lequel j’écrivais des news sur la vie étudiante à Nancy et de temps à autre des articles un peu plus branchouilles. Ma rédac’chef de l’époque me transmet une proposition d’interview : 10 minutes d’entretien avec le duo de Justice, de passage à Nancy. Je cite le nom du groupe parce que, depuis, y a un peu beaucoup prescription.

Bref, j’ai accepté non sans appréhension mais en me disant que 1) c’était cool pour le site 2) ça me permettrait de me faire la main 3) c’était quand même Justice. Je n’étais pas spécialement fan d’eux (et encore bien moins après !), je connaissais quelques titres, notamment D.A.N.C.E. bien évidemment. J’ai potassé le sujet, écouté en boucle leur album, rédigé des questions qui ne suintaient pas l’experte en électro mais que j’estimais pas ultimement connes non plus.

Et puis le jour J et l’heure H sont arrivés.

Quand je suis arrivée, j’ai pu constater que ça se passait mal avec les reporters d’une radio étudiante locale qui étaient en pleine interview avec les deux musiciens… enfin, interview, façon de parler, ça ne causait pas beaucoup. Je crois que j’ai flippé à ce moment-là.

Voilà voilà…

Quand mon tour est venu, je me suis retrouvée face à deux mecs qui n’en avaient rien à faire, qui devaient voir défiler des médias étudiants devant eux depuis un moment, et qui n’avaient aucune envie de faire d’effort. Malgré mes tentatives de les faire parler de leur relation au Net et au piratage  (déjà à l’époque, ça m’intéressait) ainsi que du décalage entre leur musique de club et le fait que leur titre-phare était utilisé dans une pub télé… je me suis heurtée à des réponses en une phrase, voire pas de réponse du tout – « on vient de répondre à cette question, déjà » évoquant leur précédente interview, du coup, silence durant la mienne.

Inutile de préciser que mon créneau de 10 minutes m’a été totalement inutile : c’était plié en 5 minutes à peine et je n’avais qu’une envie, c’est me barrer vite fait. Mais c’est finalement là qu’est arrivé l’évènement le plus marquant de cet entretien de science-fiction, à savoir le moment où j’ai demandé aux deux musicos si je pouvais les prendre en photo. Ils ont accepté, se sont levé, ont pris une pause complètement dafuq (Celle au-dessus, donc). J’ai ensuite commencé à ranger mes affaires et, là, Xavier de Rosnay m’a regardé avec des yeux de merlan frit et m’a dit « tu veux pas faire une photo avec nous ? » Là, j’ai complètement bugué : ce mec qui m’avait complètement collé la honte deux minutes avant n’avait pas l’air de comprendre que je ne veuille pas de photo-souvenir de l’évènement.

Néanmoins, la naïveté de la jeunesse m’a empêché de leur dire fuck – et aujourd’hui c’est le professionnalisme qui m’empêcherait de le faire… – donc, j’ai pris la pause pour cette photo surréaliste.

La joie de vivre se lit sur mon visage.

Surréaliste, ouais. Le mot n’est pas exagéré : à en croire ce cliché, on a presque l’impression que c’était un super moment de convivialité – je ne respire pas le bonheur, quand même. J’ai pris mes cliques et mes claques et je suis rentrée chez moi, convaincue que je ne pourrais rien faire de mon matos. Malheureusement, CityCampus n’est plus en ligne, mais je me souviens avoir écrit une brève pas très sympa relatant brièvement mes déboires.

Après ça, les interviews de personnalités, c’était un peu ma hantise : il a fallu attendre juillet 2009 pour que je me retrouve face à Kandyse McClure, l’interprète de Dee dans Battlestar Galactica. Le combo « personnage que j’adore » + « interview en anglais » a fait que je n’ai quasiment pas dormi la veille et que j’y suis allée en stressant comme une folle… au final, tout s’est merveilleusement bien passé, et ça m’a enfin permis de surmonter mon « traumatisme ». Avec le recul, je pense pouvoir dire que mon inexpérience, l’absence d’un « mentor » pour me conseiller sur comment mener une interview et une connaissance très relative du sujet a fait de mon expérience face à Justice une vraie leçon pour ma vie professionnelle. Par contre, je n’en démords pas : les deux musiciens n’ont pas non plus été très professionnels sur le coup. Mais je leur en veux pas, j’aime pas trop ce qu’ils font de toute façon.

Il n’empêche que cette photo avec Justice, c’est un peu mon Sou Fétiche à moi… vous savez, la pièce de monnaie de l’oncle Picsou : il faut savoir que Balthazar Picsou est Écossais et que son Sou Fétiche est une pièce de 10 cents américaine. Pour Picsou, outre le fait que ce soit la première pièce gagnée à la sueur de son front, c’est également une leçon qui lui rappelle qu’il s’est fait arnaquer au départ, et qu’on ne l’y reprendra plus. (J’ai relu La Jeunesse de Picsou, j’avoue).

Bref, tout ça pour dire que je n’ai eu de problème en interview depuis, sans doute parce que je les sélectionne méticuleusement : c’est l’avantage d’écrire pour des sites bénévoles – j’exclus bien sûr Clubic de l’équation, j’interview rarement des vedettes pour Cluclu, jamais en fait ;D. Depuis j’ai interviewé quelques acteurs, auteurs de comics, développeurs de jeux… je n’ai que des bons souvenirs ! Comme quoi, il ne faut jamais s’arrêter à une première expérience foireuse, c’est le risque de passer à côté de très belles rencontres.

Voilà pour la séquence souvenir, à bientôt pour de nouvelles aventures 😉

Je dédie ce petit laïus à Jon et Jérémie, qui savent pourquoi ^^

[Souvenir] Ma première interview de « personnalités »
Mot clé :                

4 commentaires sur “[Souvenir] Ma première interview de « personnalités »

Commentaires clos.